Du 2 mai au 20 juin 2026
Vernissage : Samedi le 2 mai 2026, de 15 h à 17 h
Iaohontso’ktá:tie / Traverser le territoire : La couleur n’est pas neutre
Commissaires : Armando Perla & Michael Patten
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA), 8e édition
Art Mûr
5826, rue St-Hubert, Montréal (QC) H2S 2L7
Performances : Manitou Singers, Porfirio Gutiérrez.
Isaac Te Awa, Jamie Berry, Marilyn Boror Bor, Cholita Chic, Diego Ventura Puac Coyoy, Angela DeMontigny, Porfirio Gutiérrez, Tayla Hartemink, Stevei Houkāmau, José Luis Fernando Morales, Adetona Omokanye, Ernesto Ovalle, Antonio Pichilla, Juan Carlos Recinos, Hugo Rivas, Lissy and Rudi Robinson-Cole, Anders Sunna, Telly Tuita, Mario López Vega, Volcancitto, Renati Waaka, Wabanoonkwe, Silvia Canil Xirúm, ARIA XYX.
Au sein de nombreuses communautés autochtones et de la diaspora, la couleur a été régulée par des systèmes fondés sur la honte et la discipline esthétique. Dans divers contextes coloniaux à travers le monde, les peuples autochtones ont été stigmatisés par des insultes locales qui les qualifiaient d’excessifs, de vulgaires, de sales ou de grossiers dès lors qu’ils conservaient leurs propres systèmes de couleurs et refusaient de s’assimiler à la blancheur. Cette exposition présente ce refus comme un système de savoir souverain et comme une continuité. Réunissant vingt-trois artistes travaillant sur les territoires autochtones et au sein de réseaux de la diaspora couvrant Abya Yala, l’Île de la Tortue, Te Moana-nui-a-Kiwa, Sápmi et le pays yoruba, l’exposition retrace la manière dont la couleur fonctionne comme un système de savoir vivant à travers des lignées, des matériaux et des relations distincts.
Ce recadrage se manifeste à travers des pratiques telles que la fabrication et la parure, où le savoir est produit et transmis de génération en génération. Dans l’œuvre de l’artiste maya k’iche’ José Luis Fernando Morales, des jades et des pierres multicolores, associés à des formes sculptées, relient le savoir ancestral matrilinéaire au design autochtone contemporain. À travers l’image animée, la couleur et le chant des cigales, l’artiste maori Jamie Berry crée un environnement immersif qui enveloppe une constellation d’ornements transnationaux, façonnée par les échanges de matériaux et la fabrication collaborative à travers le Pacifique.
De l’autre côté du Pacifique, la série Diaspora’s Children de l’artiste tongien Telly Tuita porte en elle la mémoire et la nostalgie à travers des palettes saturées. Cette richesse trouve un écho dans la série Spiritually Fashionable de l’artiste yoruba Adetona Omokanye, où la mode devient un lieu de présence spirituelle et esthétique. Les artistes maoris Lissy et Rudi Robinson-Cole intègrent cette utilisation de la couleur dans des environnements immersifs ancrés dans la lignée et la spiritualité.
En Abya Yala, l’artiste aymara-quechua Cholita Chic utilise la couleur pour construire son identité queer et assurer sa visibilité. L’artiste maya kaqchikel Marilyn Boror Bor enfile des fibres teintes dans du ciment, créant ainsi un lien entre la terre, la contamination et la résistance. À Kuskatan/El Salvador, l’artiste nahua-métis Hugo Rivas utilise le camp et l’intensité pour affronter les histoires de violence militaire, de génocide et de complicité du monde de l’art, tandis que l’artiste maya-mestizo Volcancitto (Juan José Guillén) réalise des collages multicolores qui affirment la mémoire territoriale du Pacifique guatémaltèque.
La couleur reste un langage que nous continuons à parler et que nous refusons de laisser disparaître.
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) tient à remercier le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement du Québec, Conseil des arts et des lettres du Québec, Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit, le Conseil des arts de Montréal, Tourisme Montréal, la Collection Desjardins et Creative New Zealand.
