Du 18 avril au 22 juin 2026
Vernissage le 19 avril 2026 à 14 h
Traverser le territoire : ce qui subsiste lorsque les frontières s’effondrent
Commissaires : Armando Perla et Michael Patten
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA)
Galerie d’art Stewart Hall
Pointe-Claire (QC)
Ancestral Skin Marking Action : Dion Kaszas, Megan Samms, Dr Mel Lefebvre (Canada)
Catherine Blackburn (Canada)
Hayley Millar Baker (Australie)
Mercedes Dorame (États-Unis)
Susan Blight (Canada)
Korina Emmerich (États-Unis)
Juan Carlos Sanchez Munive (Mexique)
Dion Kaszas & Megan Samms (Canada)
Orlando Dugi (Diné/Navajo, États-Unis)
Winsom Winsom (Canada)
Feras Shaheen (Australie / Palestine)
Cette exposition rassemble des artistes autochtones et issus de la diaspora dont les pratiques abordent la survie culturelle, la continuité spirituelle et le savoir incarné dans des contextes façonnés par les frontières coloniales, les déplacements et l’effacement. À travers le cinéma, les ornements, l’installation, la mode, la performance et la gravure, les artistes réunis à Stewart Hall posent une question commune : qu’est-ce qui survit lorsque les frontières s’effondrent – lorsque les États-nations, les disciplines et les canons dominants tentent d’interrompre les modes de savoir, de création et de mémoire ? Plutôt que de présenter la culture comme un patrimoine statique, ces artistes la dynamisent en tant que transmission vivante. Leurs œuvres s’articulent autour des soins, des rituels, de la traduction et de la pratique incarnée, mettant de l’avant le corps, la voix et le fait main comme des lieux où le savoir persiste malgré les ruptures historiques. Ensemble, ils redéfinissent la galerie comme un espace de réparation culturelle, où la survie n’est pas donnée pour acquise, mais activement maintenue. L’exposition s’articule autour de quatre constellations thématiques interdépendantes. Ces sections reflètent des stratégies communes plutôt que des catégories rigides, permettant aux œuvres de résonner à travers les médias tout en restant ancrées dans des lignées culturelles distinctes.
1. Réparation culturelle et actes de soin
Cette section met en avant des pratiques qui répondent directement à la mise en péril, à l’interruption ou à la perte culturelle. Le soin n’est pas métaphorique ici ; il s’incarne à travers la création, la gestion et la responsabilité envers des relations qui dépassent le cadre humain. Elle présente Susan Blight (Canada), dont le travail cinématographique met en scène des poneys autochtones pour aborder les thèmes de l’extinction, du rapatriement et de l’éthique de la bienveillance au-delà des frontières imposées par les colons ; Catherine Blackburn (Canada), dont les boucles d’oreilles en plumes et les médaillons en perles affirment la lenteur, le protocole et la précision comme formes de responsabilité culturelle ; Dion Kaszas, qui redonne vie au tatouage « skin-stitch » et « hand-poke » ; et Megan Samms, qui fait progresser les pratiques textiles ancrées dans la communauté en utilisant des matériaux naturels.
2. Traduction sans assimilation
Les artistes présentés dans cette section travaillent à travers les langues, les systèmes et les codes visuels, traduisant les savoirs culturels en formes contemporaines tout en refusant toute simplification ou assimilation. La traduction devient alors un acte stratégique qui préserve la complexité plutôt que de l’effacer. Sont présentés Juan Carlos Sanchez Munive (Mexique), dont les gravures de masques et de costumes de carnaval constituent des archives graphiques de rituels incarnés et de performances communautaires ; et Colectivo H (Mexique), dont les sculptures d’animaux en carton sont utilisées comme éléments de costumes de carnaval.
3. Le corps, vecteur de politique et de mémoire
Ici, le corps devient un lieu où la lutte politique, la mémoire et la solidarité se concrétisent. Les vêtements, les mouvements et les installations transforment les corps en vecteurs d’histoires qui transcendent les frontières nationales. Parmi les artistes présentés figurent Korina Emmerich (États-Unis), dont la robe en soie aux couleurs du drapeau palestinien mobilise la mode en tant que corps politique en mouvement et affirmation de la solidarité transnationale ; Feras Shaheen (Australie/Palestine), dont les pratiques de danse et de performance traversent les frontières de la nation, de la foi et de l’incarnation, engageant le corps comme lieu de deuil, de résistance et de survie ; et Hayley Millar Baker (Australie), dont la pratique cinématographique se concentre sur la préservation de la spiritualité, traitant l’image en mouvement comme un réceptacle protecteur plutôt que comme un document.
4. Espace rituel et refus de la neutralité
Cette section remet en question l’idée selon laquelle la galerie serait un espace neutre. À travers l’installation, la mode et le geste matériel, ces artistes transforment l’espace d’exposition en lieux d’offrande, de cérémonie et d’orientation cosmologique. On y retrouve notamment Mercedes Dorame (États-Unis), dont les installations s’inspirent de la science autochtone, de la terre et des temporalités non linéaires ; Winsom Winsom (Canada), dont les installations en forme d’autel, composées de bâtons et d’assemblages, redéfinissent la galerie comme un espace de rituel et d’offrande plutôt que de simple exposition ; et Oraldo (Orlando) Dugi (Diné/Navajo, États-Unis), dont les créations de mode mêlent perles, cuir, soie et technologies autochtones pour repenser la masculinité, la vulnérabilité et le corps en tant que structure architecturale.
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) tient à remercier le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement du Québec (Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts de Montréal, Tourisme Montréal, Collection Desjardins.
Lancée en 2012, la Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) est un organisme à but non lucratif basé à Montréal (enregistré en 2016) qui promeut le travail des artistes autochtones. La biennale a lieu tous les deux ans, dans plusieurs lieux, et chaque itération se concentre sur un thème spécifique. L’événement s’adresse à un public de plus en plus large – autochtone et non autochtone – et présente des artistes émergents et établis. Notre mission est de promouvoir l’art autochtone, de sensibiliser et d’éduquer le public aux questions culturelles des Premières nations.
