Du 18 avril au 21 juin 2026
Vernissage le 19 avril 2026 à 14 h
Traverser le territoire : ce qui subsiste lorsque les frontières s’effondrent
Commissaires : Armando Perla et Michael Patten
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA), 8e édition
Galerie d’art Stewart Hall
176 Chem. du Bord-du-Lac-Lakeshore, Pointe-Claire (QC) H9S 4J7

Action de tatouage ancestral : Dion Kaszas, Megan Samms, Dr Mel Lefebvre.

Catherine Blackburn, Hayley Millar Baker, Mercedes Dorame, Susan Blight, Korina Emmerich, Colectivo H, Juan Carlos Sanchez Munive, Dion Kaszas & Megan Samms, Orlando Dugi, Winsom Winsom, Feras Shaheen.

Cette exposition explore ce qui persiste lorsque les frontières ne parviennent pas à réprimer la vie autochtone. Elle met de l’avant des pratiques artistiques dont l’existence ne dépend ni de l’État-nation, ni du musée, ni des disciplines définies par une catégorie. À travers la terre, le corps et les relations, les artistes présentés transmettent leur savoir et résistent aux interruptions. Leurs pratiques perdurent au sein même des structures qui tentent de les fragmenter, de les réglementer et de les confiner.

Les mouvements qui traversent les corps et les territoires façonnent les relations entre les œuvres. L’artiste anishinaabe Susan Blight retrace le retour des poneys autochtones à travers les frontières imposées, inscrivant son travail dans le soin, la mémoire et la responsabilité. Par l’image en mouvement, l’artiste Gunditjmara et Djabwurrung Hayley Millar Baker puise dans le savoir ancestral et la pensée cosmologique, intégrant à la vie contemporaine les notions de deuil, d’incarnation et de présence spirituelle. Cette attention au corps se poursuit grâce à l’action de tatouage menée par l’artiste Nlaka’pamux Dion Kaszas, en collaboration avec l’artiste L’nu et Nlaka’pamux Megan Samms, où le marquage de la peau est réactivé comme geste cérémoniel, protecteur et porteur de transmission. Pour sa part, l’artiste palestinien Feras Shaheen replace le corps dans le contexte du déplacement, du deuil et de l’endurance. Ces pratiques s’étendent à travers un travail collectif et ancré dans le territoire, notamment au sein de Colectivo H, dont l’œuvre est liée à la continuité du savoir du carnaval en tant qu’archive vivante de la mémoire autochtone. Leurs pratiques décoratives et matérielles prolongent ces relations. Leur cartonería (sculptures en papier mâché), utilisé dans le carnaval, permet de perpétuer la mémoire culturelle et de redéfinir les relations avec le non-humain. L’installation de l’artiste tongva Mercedes Dorame et l’œuvre en forme d’autel de l’artiste arawak marron Winsom Winsom placent dans l’espace la terre, l’esprit et la présence. À travers la mode, les artistes Diné Orlando Dugi et Puyallup Korina Emmerich prolongent ces préoccupations au sujet du corps et la souveraineté dans des œuvres où le tissu et le design deviennent des véhicules de la vie politique et culturelle. L’artiste Dënesųłiné Catherine Blackburn utilise le perlage et la couture comme forme de souveraineté et de lien ancestral.

Le cadre curatorial se concentre sur des pratiques qui se poursuivent malgré des conditions qui cherchent à les supprimer. Chaque œuvre s’ancre dans des formes de savoir portées par la communauté, le territoire et la pratique incarnée. Plusieurs de ces œuvres participent à la continuité et à la réactivation de techniques ancestrales à travers le faire, la cérémonie et l’usage, incluant des pratiques souvent exclues des espaces d’art contemporain. L’exposition met ces œuvres en relation sans en réduire les différences, maintenant chacune d’elles comme un système de savoir distinct, ancré dans sa propre lignée et ses responsabilités.

La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) tient à remercier le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement du Québec, Conseil des arts et des lettres du Québec, Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit, le Conseil des arts de Montréal, Tourisme Montréal, et Creative New Zealand.