Dès le 28 avril 2022
Land Back
Commissaire : Michael Patten
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) – 6ème édition

Le thème de la 6e Biennale d’art contemporain autochtone est Land Back, faisant référence à la mobilisation des autochtones pour regagner l’intendance des terres et des écosystèmes traditionnels, avec l’objectif de les préserver pour les générations à venir.

La 6e édition de la Biennale d’art contemporain autochtone se déploiera principalement en mai et juin 2022 dans quatre villes sur le territoire québécois. La BACA 2022 comptera 8 lieux d’exposition : La Guilde, la galerie Art Mûr, la Galerie d’art Stewart Hall, Le Musée McCord, le Quai 5160 – Maison de la culture de Verdun, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, la Maison des Jésuites de Sillery et Expression – Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe.

Cette édition, dirigée par le commissaire Michael Patten en collaboration avec la chercheuse invitée Alexandra Nordstrom, présentera une cinquantaine d’artistes provenant d’un peu partout en Amérique du Nord ; ces artistes n’ont encore jamais été présentés pendant la Biennale.

D’autres partenaires tiendront des expositions satellites dans l’esprit du thème choisi pour la BACA, notamment la Galerie Laroche/Joncas, la Galerie She:kon et le Centre d’art daphne, qui auront leur proposition autonome.

Land Back

Depuis des temps immémoriaux, les peuples autochtones ont préservé la biodiversité malgré la croissance continue de la population humaine. Peu après l’époque des premiers contacts avec les Européens, les communautés autochtones ont été dépouillées de leurs terres ancestrales ; le mouvement Land Back vise à restaurer la gouvernance et l’intendance du territoire pour un avenir durable.

Le mouvement Land Back est un appel à l’action mené par les Autochtones qui a gagné du terrain ces dernières années suite à l’accumulation d’événements relevant autant du passé que de l’actualité : La Commission de vérité et réconciliation, l’Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées, les manifestations canadiennes sur les pipelines et les chemins de fer de 2020, le 30e anniversaire de la crise d’Oka, les avis d’ébullition de l’eau potable jumelés à la pénurie de logements dans les communautés, la découverte des tombes anonymes des pensionnats canadiens et le déboulonnage des statues de John A. Macdonald à travers le pays. Le mouvement Land Back est un appel clair vers la décolonisation.

Si Land Back se veut un appel à action, un retour d’équité sur un territoire dérobé, il permet aussi de s’ouvrir à un certain questionnement. Comment pouvons-nous protéger au mieux la biodiversité, les terres et les eaux ? La première étape serait de rendre la terre à ses protecteurs traditionnels et légitimes. La revalorisation des savoirs autochtones va au-delà des gestes symboliques de reconnaissance ou d’inclusion ; elle vise à modifier de manière significative les pratiques et les structures.

Avec ce mouvement pour la restitution des terres, le pouvoir, la domination et le contrôle du territoire sont repensés en équité avec les peuples autochtones ; les connaissances traditionnelles sont perçues, présentées et pratiquées au même titre que les méthodes occidentales.

Comment les artistes investissent-ils les multiples aspects de ce mouvement et quelles formes tentent-ils de lui donner? Le savoir autochtone est ancré dans la durabilité, la conservation et la réciprocité avec la terre. Comment ce savoir est-il partagé, célébré et exprimé dans les pratiques artistiques actuelles?

PROGRAMMATION

Ouverture officielle le 1er mai à la Place du Canada
Le lancement de la Biennale aura lieu dans l’espace public avec une cérémonie d’ouverture en présence de la gardienne du savoir Niiooieren de la communauté de Kahnawake. Tambour, chants avec l’artiste Moe Clark, danses traditionnelles avec Barbara Diablo animeront ce rassemblement le dimanche 1er mai à 14h00.

Des expositions dans quatre villes du 28 avril au 23 décembre 2022

Premier lieu à ouvrir son exposition, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke sera l’hôte du thème du Grand Nord, ce territoire immense à l’équilibre fragile. L’esprit du territoire qui se dérobe sera porté par les œuvres d’artistes Inuit modernes et contemporains, notamment Barry Pottle, Camille Seaman, Jkai Lucassi, Katherine Takpannie, Lizzie Sheeg, Maureen Gruben, NIAP, Nuveeya Ipellie et Ooloopie Killiktee.

La Maison des Jésuites de Sillery, site historique de la région de Québec, accueillera des œuvres de Carey Newman, Jacob Meders, Roxanne Charles, Pat Kane et Lisa Jackson. Le rapport à la terre rejoint ici le thème du déracinement, à travers l’expérience et les traumas causés par les pensionnats autochtones.

La rue Saint-Hubert à Montréal (Rosemont) sera le pôle de trois expositions de la Biennale. La galerie Art Mûr présentera des productions qui s’inscrivent dans un spectre plus politique autour du mouvement Land Back, avec des œuvres de Camille Seaman, Chandra Melting Tallow, Cheryl L’Hirondelle, Duane Isaac, Gregg Deal, Jeremy Dennis, Julia Rose Sutherland, Logan MacDonald, Lori Blondeau, Meagan Musseau et Raven Chacon. Tracey-Mae Chambers réalisera sur place une installation créée spécialement pour l’événement dans les vitrines de la galerie. Tout à côté, la galerie She:kon de la BACA et le centre d’art daphne accueilleront deux des trois expositions satellites, soit respectivement une exposition individuelle d’Alexis Gros-Louis (commissaire Terry Randy Awashish) et une exposition de l’artiste Métis Suzanne Morissette.

La Galerie d’art Stewart Hall à Pointe-Claire présentera des œuvres abordant les éléments et la nature, principalement la Terre nourricière. Y seront présentées les œuvres de Carrie Allison, Christi Belcourt, Erin Gingrich, Faye HeavyShield, Jeffrey Gibson, Charlene Vickers, Olivia Whetung, Sky Hopinka et Ursula Johnson. Le jour du vernissage, dimanche 8 mai, une performance de Julia Rose Sutherland sera présentée.

La Guilde, au centre-ville de Montréal, sera la vitrine de l’Ouest, avec des œuvres d’artistes natifs de la Colombie-Britannique dont Margaret August, Allen James, Beau Dick, Chief Henry Speck, Cole Speck, Don Yeomans et Gigaemi Kukwits.

Toujours dans le centre-ville, le Musée McCord présentera du 1er au 5 juin une œuvre vidéo de l’artiste Sky Hopinka, tandis que la Galerie Laroche/Joncas présentera la troisième exposition satellite indépendante de la Biennale, une exposition individuelle de Renée Condo.

Finalement, le Quai 5160 – Maison de la culture de Verdun traitera du futurisme autochtone, avec les œuvres de Susan Blight, Beric Manywounds, Casey Koyczan, Lawrence Paul Yuxweluptun en collaboration avec Paisley Smith, Michael Namingha et Quinn Hopkins.

Michael Patten
Commissaire de la BACA 2020

Artiste en arts visuels, Michael Patten a été commissaire de plusieurs expositions collectives, notamment Conflicted Heroes, présentée à Berlin et Montréal en 2019-2020. Il est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels avec une mineure en histoire de l’art de l’Université de Regina ; il a participé à des expositions individuelles et collectives à l’échelle nationale et internationale dans des musées, des centres d’artistes, des galeries commerciales et universitaires. En 2017, il a été l’un des lauréats du prix REVEAL- Indigenous Art de la Fondation Hnatyshyn. Il est actuellement directeur de la Biennale d’art contemporain autochtone de Montréal, organisme à but non lucratif dont le mandat est de reconnaître et de soutenir l’art et les artistes autochtones contemporains. Michael est membre de la Première Nation Zagime Anishinabek en Saskatchewan.

Alexandra Nordstrom
Chercheuse invitée

Alexandra Nordstrom, étudiante au doctorat dans le programme interuniversitaire en histoire de l’art à l’Université Concordia (Tiohtià:ke / Montréal), aura la charge de rédiger un essai sur le thème et les œuvres de la Biennale, pour publication dans le catalogue. Alexandra Nordstrom est récipiendaire de la bourse de doctorat Joseph-Armand Bombardier CGS du CRSH. Elle détient une maîtrise en histoire de l’art de l’Université Concordia (2020) et un baccalauréat en histoire de l’art de l’Université de la Colombie-Britannique (2018). Originaire des Prairies, Alexandra est membre de la nation crie Poundmaker en Saskatchewan.

PROGRAMMATION DE LA BACA 2022

Place du Canada
Événement : le 1er mai 2022 à 14h00
Cérémonie d’ouverture et lancement de la BACA 2022
1010 rue de la Gauchetière Ouest, Montréal, QC H3B 2N2

Musée des beaux-arts de Sherbrooke
Du 28 avril au 26 juin 2022
Vernissage : le jeudi 28 avril 2022 à 17h
241 rue Dufferin, Sherbrooke, QC J1H 4M3

Maison des Jésuites de Sillery
Du 4 mai au 11 décembre 2022
2320 chemin du Foulon, Québec, QC G1T 1X4

Quai 5160 – Maison de la culture de Verdun
Du 7 mai au 3 juillet 2022
5160 Boul. LaSalle, Verdun, QC H4H 1N8

Art Mûr
Du 7 mai au 18 juin 2022
Vernissage : Le samedi 7 mai 2022 de 15 h à 17 h
5826 rue St-Hubert, Montréal, QC H2S 2L7

Galerie d’art Stewart Hall – Centre culturel de Pointe-Claire
Du 7 mai au 19 juin 2022
Vernissage : Le dimanche 8 mai 2022 à 14h
176 chemin Bord-du-Lac, Pointe-Claire, QC H9S 5T5

La Guilde
Du 19 mai au 3 juillet 2022
Vernissage : le jeudi 19 mai 2022 à 17h
1356 rue Sherbrooke Ouest, Montréal, QC H3G 1J1

Musée McCord – Auditorium
Œuvre vidéo de Sky Hopinka, In Dreams and Autumn (2021)
Du 1er au 5 juin 2022
690 Rue Sherbrooke O, Montréal, QC H3A 1E9

Expression – Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe
Du 1er octobre au 23 décembre 2022
495 Avenue Saint-Simon, Saint-Hyacinthe, QC J2S 5C3

EXPOSITIONS SATELLITES

She:kon – Espace de la BACA pour la relève
Alexis Gros-Louis, Önenha’; Wen’wa’ / Superimpositions
Commissaire : Terry Randy Awashish
Du 7 mai au 18 juin 2022
5826 rue St-Hubert, Montréal, QC H2S 2L7

Centre d’art daphne
Suzanne Morissette, translations
Du 7 mai au 18 juin 2022
5842 rue St-Hubert, Montréal, QC H2S 2L7

Galerie Laroche/Joncas
Renée Condo, Sisip-Sipu
Du 27 avril au 4 juin 2022
372 rue Ste-Catherine Ouest, suite 410, Montréal, QC H3B 1A2

CATALOGUE

Le catalogue de la 6e édition de la BACA est en cours de production. Le volume de 100 pages à couverture rigide sera disponible dès l’ouverture de la Biennale. En plus d’offrir une vue d’ensemble des œuvres de la Biennale avec la représentation de tous les artistes, la publication comprend un essai de la chercheuse invitée Alexandra Rose Nordstrom sur le thème Land Back.

Remerciements

La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) remercie le Conseil des arts du Canada, le gouvernement du Québec (Conseil des arts et des lettres du Québec, Fonds d’investissement pour le rayonnement de la Métropole), le Conseil des arts de Montréal et ses partenaires diffuseurs.

Merci à nos partenaires médias : Vie des Arts, Ciel Variable, Festival TransAmérique (FTA), Inuit Art Quarterly, First American Art Magazine, Border Crossings

Nous reconnaissons que la BACA prend place en territoire autochtone non cédé et que la nation Kanien’kehá:ka est la gardienne des terres et des eaux que nous nous partageons aujourd’hui. Tiohtiá:ke / Montréal est connu historiquement comme un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières Nations. Aujourd’hui une population diversifiée y réside. La BACA reconnaît l’importance des liens avec le passé, le présent et le futur dans les relations courantes entre les Autochtones et les Allochtones au sein de la communauté montréalaise.