COMMUNIQUÉ DE PRESSE
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Du 23 avril au 21 juin 2020
Kahwatsiretátie : Teionkwariwaienna Tekariwaiennawahkòntie
Honorer nos affinités
Sous le commissariat de David Garneau (Métis) assisté de Rudi Aker (Wolastoqiyik) et de Faye Mullen (Anishinaabe)
Biennale d’art contemporain autochtone – 5e édition

TIOHTIÀ:KE / MONTRÉAL / MOONIYAANG, LE 30 JANVIER 2020. La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) dévoile la programmation de sa 5e édition. La BACA 2020 se tiendra dans les lieux d’exposition suivants : Art Mûr, La Guilde, la Maison des Régions, le Musée McCord, Pierre-François Ouellette art contemporain et la galerie d’art du Stewart Hall.

Le thème de la cinquième BACA est « Honorer nos affinités ». Sous le commissariat de David Garneau (Métis) assisté de Rudi Aker (Wolastoqiyik) et de Faye Mullen (Anishinaabe), la Biennale présentera le travail de plus de quarante artistes avec une soixantaine d’œuvres en perlage, textiles, dessin, céramique, peinture, sculpture, photographie, installations audio, vidéo, médias numériques, performances et autres disciplines artistiques.

Les représentations du monde dans les cultures autochtones étendent le concept de parenté au-delà des liens du sang, des unions et de l’adoption. « Toutes nos relations » est une expression familière et inclusive chez les autochtones, englobant les personnes présentes et absentes, toutes les créatures vivantes ainsi que les écosystèmes. Les œuvres d’art de Kahwatsiretátie témoignent de ces innombrables affinités : au sein de la famille, des liens intergénérationnels, la résurgence d’histoires cachées… l’affinité entre des femmes qui restaurent l’héritage de leurs aînées, ou entre des êtres qui errent dans des territoires où ils sont déracinés, à la recherche d’un « chez-soi », les affinités entre chasseurs et animaux et celles qui tissent l’amitié. Il sera aussi question de la parenté entre les objets culturels, liant les générations entre elles, et enfin, de l’éventualité de futures affinités intergalactiques.

Le thème « Honorer nos affinités » annonce également la manière de procéder des commissaires. À travers leur tâche de sélectionner les œuvres et de les placer en regard les unes avec les autres, les commissaires sollicitent une douzaine d’artistes de kahwatsiretátie pour inviter d’autres artistes à exposer avec eux. Ces artistes peuvent être des proches, des membres de leur communauté ou d’autres personnes partageant des affinités. Cette redistribution (et ce partage) de la fonction de commissaire relève d’une pratique non coloniale. À la manière d’une cérémonie ou d’une fête où les invités invitent leurs propres invités, kahwatsiretátie veut élargir le cercle pour inclure des relations que nous ne soupçonnions pas.

Reconnaissant que les expositions de la Biennale prennent place sur le territoire traditionnel et non cédé Kanien’keha: ka, et que le commissaire, les assistants et de nombreux artistes ne sont pas d’ici, l’équipe de commissaires et la BACA ont demandé conseil auprès des représentants traditionnels de ce territoire. Ils ont rencontré des aînés et des artistes dans la maison longue de Kahnawa;ke pour établir la base de leurs relations. C’est lors d’une réunion subséquente avec Faye Mullen que le respecté aîné Otsitsaken:ra (Charles Patton) et la gardienne de la foi Niioieren (Eileen Patton), tous deux de la communauté Kanien’keha:ka (Mohawk) de Kahnawa:ke, ont livré le titre Kahwatsiretátie: Teionkwariwaienna Tekariwaiennawahkòntie : ils ont visualisé l’image d’un cercle continuel, où main dans la main et de nation à nation, les membres du cercle soulèvent une charge. Ces mots kanien’keha véhiculent les valeurs d’une solidarité persévérante — soutenant cette charge sans faillir. La BACA 2020 entreprendra de donner forme à ces mots, afin d’exprimer l’interdépendance de toutes choses, tout en reconnaissant que le maintien de bonnes relations est une question de poids : une charge de volonté, d’amour, de parenté et d’amitié.

Artistes (liste préliminaire)

Judy Anderson
Scott Benesiinaabandan
Catherine Blackburn
Bob Boyer
Katherine Boyer
Kaia’tanó:ron Dumoulin Bush
Hunter Cascagnette
Hannah Claus
John Corbet
Ruth Cuthand
Wally Dion
Suzanne Kite dxxrrq/
Larissa Riss Kitchemonia
Jason Lewis
Dylan Miner
Peter Morin
Nadia Myre
Margaret Orr
Sage Paul
Sherry Farrell Racette
Diane Roberts
Sonia Robertson
Marit Ánne Sara
Jason Sikoak
Skawennati
Corinna Wollf

Commissaires

Le commissaire invité de la BACA 2020 est David Garneau (Métis), accompagné de Rudi Aker (Wolastoqiyik) et de Faye Mullen (Anishinaabe) qui agira en tant que Ie’nikónirare.

David Garneau (Métis) est professeur associé d’arts visuels à l’Université de Régina (SK). Sa pratique englobe la peinture, le commissariat et la critique. Il a récemment coorganisé, avec Kathleen Ash Milby, Transformer: Native Art in Light and Sound, au National Museum of the American Indian, New York ; Moving Forward, Never Forgetting avec Michelle LaVallee, une exposition à la Mackenzie Art Gallery portant sur l’héritage des pensionnats autochtones, et With Secrecy and Despatch (avec Tess Allas) au Campbelltown Art Centre, à Sydney, en Australie. Garneau est régulièrement invité à titre de conférencier en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et au Canada. Il participe actuellement à « Creative Conciliation », un projet de recherche curatoriale sur cinq ans, financé par le CRSH et travaille également sur deux projets d’art public en cours, dont le Tawitina Bridge Project pour la Ville d’Edmonton. Ses tableaux se trouvent dans de nombreuses collections publiques et privées.

Actuellement, la démarche de Faye Mullen prend source à l’intérieur et aux côtés de la communauté en tant que Ie’nikónirare pour la BACA 2020. Son rôle a été déterminé par une aîné respectée, Otsitsaken:ra et gardienne de la foi Niioieren de la communauté Kanien’keha:ka de Kahnawa:ke. Ce mot, Ie’nikónirare, donne un aperçu de son rôle au sein de ce projet, soit celle qui veille continuellement sur la pensée et porte les valeurs de notre proche, le Loup. Élevée près des eaux tonitruantes Onguiaahra, Faye est tante, travailleuse de la terre, écrivaine, créatrice d’art, travailleuse communautaire et en visite à Montréal. Elle s’appuie sur une sensibilité sculpturale qui amalgame une pratique de recherche autour du geste performatif, du son et de l’image fixe ou en mouvement. Par l’entremise d’une perspective bi spirituelle et mixte autochtone (anishinaabe/algonquine/irlandaise/italienne), sa démarche tend vers l’horizontalité mettant en forme des imaginaires queers et des manières décoloniales de faire le monde. Faye est titulaire d’un bac en beaux-arts de OCAD (Toronto) + ENSBA (Paris), ainsi que de deux maîtrises de l’Université de Toronto et du Fresnoy (Tourcoing) et est présentement doctorante à l’UQÀM. Son travail a fait l’objet d’expositions collectives et individuelles en Asie, en Australie, en Europe et sur l’île de la Tortue.

Rudi Aker se définit comme tante wolastoqew, artiste, organisatrice et chercheuse de la Première nation de St. Mary à Sitansisk (Fredericton, Nouveau-Brunswick), actuellement en visite à Tiohtià: ke / Mooniyaang / Montréal. Les pratiques artistiques et de recherche de Rudi centrent la parenté, le lieu, la visibilité, ainsi que la traversée d’un ou de plusieurs espaces (non) colonisés à travers des conceptions de contre-cartographies et de transgressions des frontières. En septembre 2019, Rudi a organisé son premier événement d’envergure avec le finissage de l’initiative québécoise du Collectif des commissaires Autochtones au Musée d’art contemporain de Montréal, le projet Tiohtià: ke. Rudi a présenté en juillet 2019 un projet en cours de recherche-création, Topographies d’un lieu d’origine, sous forme d’atelier pour Queering the Map: On_Site at 4th Space (Université Concordia) et a participé en tant que conférencière au Symposium TextilesTradeTime en octobre 2019. Rudi Aker termine actuellement un baccalauréat en beaux-arts à l’Université Concordia et coordonne les expositions et les communications à la Galerie SBC art contemporain à Montréal, Québec.

DATES

La Maison des Régions, activités spéciales / À communiquer
Cérémonie d’ouverture le jeudi 23 avril à 17h00
500, rue St-Jacques, Montréal, Québec

La Guilde, du 23 avril au 19 juillet
Vernissage le jeudi 23 avril à 19h30
1356, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, Québec

Pierre-François Ouellette art contemporain, du 24 avril au 21 juin
Vernissage le vendredi 24 avril à 20h00
963 Rue Rachel E, Montréal, Québec

Galerie Art Mûr, du 25 avril au 21 juin
Vernissage le samedi 25 avril à 15h00
5826, rue St-Hubert, Montréal, Québec

Galerie d’art Stewart Hall, du 26 avril au 21 juin
Vernissage le dimanche 26 avril à 14h00
176, chemin du Bord-du-Lac, Pointe-Claire, Québec

Musée McCord, activités spéciales / À communiquer
690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, Québec

Partenaires: Gouvernement du Québec (Conseil des arts et des lettres du Québec – Fonds d’initiative et de rayonnement de la Métropole – Secrétariat aux affaires autochtones du Québec), Conseil des arts du Canada, Conseil des Arts de Montréal, Galerie Art Mûr, La Guilde, La Maison des Régions, Musée McCord, Pierre-François Ouellette art contemporain, La galerie d’art Steward Hall, Les Amis du Steward Hall, Les Hôtels Germain

Partenaires Média: Ciel Variable, Border Crossings, Espace art actuel, Esse Arts + Opinion, Inuit Art Quarterly, First American Art Magazine, Festival TransAmérique (FTA), Vie des Arts.

La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) est un événement primordial pour reconnaitre et soutenir l’art et les artistes autochtones contemporains. Initiée en 2012 par la galerie Art Mûr, la BACA poursuit sa mission comme organisation à but non lucratif, afin de mieux répondre à l’ampleur de l’événement. À chacune de ses éditions, Montréal/Tiohtià:ke redevient pendant deux mois le lieu de convergence des artistes autochtones en Amérique du Nord.

Jon Corbett, Four Generations: digitally-generated spiral-beaded portraits, 2015