Du 28 avril au 26 juin 2022
Vernissage : Le jeudi 28 avril 2022 de 18 h à 20 h
Land Back : Levi Amidlak, Makusi Q. Angutigirk, Shuvigar Eelee, Elijassiapik, Tootaluk Etchuk, Maureen Gruben, Tutuyea Ikidluak, Nuveeya Ipellie, Mattuisi Iyaituk, Olajuk Kigutikardjuk, Ooloopie Killiktee, Jkai Lucassi, Barry Pottle, Camille Seaman, Lizzie Sheeg, Katherine Takpannie, Eva Aliktiluk Talooki, Therese P. Tugumiar
Commissaire : Michael Patten
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) – 6ème édition

Musée des beaux-arts de Sherbrooke
241, rue Dufferin
Sherbrooke (QC) J1H 4M3

Navette gratuite pour Sherbrooke le 28 avril.
Départ de Montréal à 14h30 de la galerie Art mûr.
RSVP BACA

Depuis des temps immémoriaux, les peuples autochtones ont préservé la biodiversité malgré la croissance continue de la population humaine. Peu après l’époque des premiers contacts avec les européens, les communautés autochtones ont été dépouillées de leurs terres ancestrales ; le mouvement Land Back vise à restaurer la gouvernance et l’intendance du territoire pour un avenir durable.

Si Land Back se veut un appel à action, un retour d’équité sur un territoire dérobé, il permet aussi de s’ouvrir à un certain questionnement. Comment pouvons-nous protéger au mieux la biodiversité, les terres et les eaux ? La première étape serait de rendre la terre à ses protecteurs traditionnels et légitimes. La revalorisation des savoirs autochtones va au-delà des gestes symboliques de reconnaissance ou d’inclusion ; elle vise à modifier de manière significative les pratiques et les structures.

Le Grand Nord est un lieu qui fut grandement affecté par le colonialisme. Fortement blessé par une géopolitique difficile et la croissance exponentielle d’un monde occidental capitaliste, le Nord souffre. Par des actes poétiques, l’artiste Maureen Gruben tente de panser cette cicatrice. Profondément ancrée dans le geste mémoriel et la nostalgie, elle retrace une iconographie propre aux communautés inuvialuit par le médium photographique et filmique. Paysage en défiguration perpétuelle, le Nord est le premier témoin de la crise climatique pressante. La fonte des glaces est un phénomène largement documenté par la photographe Camille Seaman, qui propose des images, aussi sublimes que mélancoliques, d’icebergs à la dérive. Utilisant sur celles-ci les mêmes stratégies que pour ses portraits, l’artiste tente de traduire la similitude entre les humains et la nature, tout en faisant de cette dernière un sujet agentif.

Pour les communautés inuites, les forces naturelles s’expliquent souvent par une cosmologie riche, celle-ci est partie prenante de leur identité et de leur savoir transmis. Dans sa série photographique Sedna ᓴᓐᓇ, l’artiste Katherine Takpannie explore la figure de Sedna : la déesse de la mer et la mère de tous les mammifères marins. Alors que son esthétique s’avère particulièrement colorée et fantastique, les sculptures en pierre de savon de la collection du Musée des beaux-arts de Sherbrooke proposent une lecture plus classique et sobre des mythes et légendes inuits.

C’est par une note plus politiquement chargée que Barry Pottle aborde la condition inuit. Dans un geste archivistique assumé, celui-ci photographie d’anciennes « Étiquettes d’Identification Esquimaude ». Elles sont des vestiges de ce programme fondé par le gouvernement du Canada en 1940, qui avait pour but de régulariser et « simplifier » la nomination des Inuit, qui ne possédait uniquement qu’un prénom à l’époque. Ces étiquettes nous rappellent surtout un geste lourdement chargé, par son ingérence comme par sa qualité d’effacement.

Nous espérons, par cette exposition, ouvrir une fenêtre sur la beauté et l’enchantement du Grand Nord tout en entamant une réflexion sur ses enjeux passés comme actuels.

Nous reconnaissons que la BACA prend place en territoire autochtone non cédé et que la nation Kanien’kehá:ka est la gardienne des terres et des eaux que nous nous partageons aujourd’hui. Tiohtiá:ke / Montréal est connu historiquement comme un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières Nations. Aujourd’hui une population diversifiée y réside. La BACA reconnaît l’importance des liens avec le passé, le présent et le futur dans les relations courantes entre les Autochtones et les Allochtones au sein de la communauté montréalaise.

La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) remercie le Conseil des arts du Canada, le gouvernement du Québec (Conseil des arts et des lettres du Québec, Fonds d’investissement pour le rayonnement de la Métropole), Tourisme Montréal, le Conseil des arts de Montréal, La Maison de la culture de Verdun – Quai 5160 et ses autres partenaires diffuseurs.