Du 4 mai au 20 novembre 2022
Vernissage : Le 4 mai 2022 de 17h30
Land Back : Roxanne Charles, Lisa Jackson, Pat Kane, Jacob Meders, Carey Newman
Commissaire : Michael Patten
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) – 6ème édition

Maison des Jésuites de Sillery
2320, chemin du Foulon
Québec (QC) G1T 1X4

Depuis des temps immémoriaux, les peuples autochtones ont préservé la biodiversité malgré la croissance continue de la population humaine. Peu après l’époque des premiers contacts avec les européens, les communautés autochtones ont été dépouillées de leurs terres ancestrales ; le mouvement Land Back vise à restaurer la gouvernance et l’intendance du territoire pour un avenir durable.

Si Land Back se veut un appel à action, un retour d’équité sur un territoire dérobé, il permet aussi de s’ouvrir à un certain questionnement. Comment pouvons-nous protéger au mieux la biodiversité, les terres et les eaux ? La première étape serait de rendre la terre à ses protecteurs traditionnels et légitimes. La revalorisation des savoirs autochtones va au-delà des gestes symboliques de reconnaissance ou d’inclusion ; elle vise à modifier de manière significative les pratiques et les structures.

La « découverte » des tombes communes des pensionnats autochtones canadiens durant l’été 2021 a produit une onde de choc partout à travers le pays – soulevant une vague d’incompréhension, de consternation et d’empathie. Pourtant, les premières excuses officielles du gouvernement du Canada aux anciens élèves des pensionnats, formulées par Stephen Harper, remontent à 2008. Plus de 150 000 enfants ont été placés dans les pensionnats. Le dernier pensionnat autochtone canadien a fermé ses portes en 1997. Ceux-ci ont été des acteurs d’abus, de souffrance ainsi que de déracinement culturel et générationnel. Comment pouvons-nous expliquer une perte de mémoire si grande, face à un événement aussi traumatisant ? Comment agir à présent ?

Les artistes présentés en ces lieux abordent ce sujet sensible par l’entremise de différentes réponses, solutions ou plus amples questionnements. Lisa Jackson approche la question du déracinement familial par une critique teintée d’humour noir dans son film SAVAGE tandis que l’installation colossale The Strata of Many Truths par Roxanne Charles prend une approche plus émotionnelle.

Jacob Meders et Pat Kane se tournent vers un angle plus spirituel et religieux du sujet par l’entremise, respectivement, de l’installation et de la photographie. L’œuvre de Meders s’inscrit également dans une action performative dans laquelle l’artiste source directement la terre du lieu où se déploie l’exposition.

La Couverture des témoins de Carey Newman est une projection filmique de l’œuvre physique portant le même nom. Véritable monument national de la mémoire, il s’agit d’une mosaïque constituée de centaines d’objets et témoignages de survivants des pensionnats. L’art pourrait ainsi se positionner comme un vecteur de commémoration, mais aussi, potentiellement, comme un procédé de guérison.

Nous reconnaissons que la BACA prend place en territoire autochtone non cédé et que la nation Kanien’kehá:ka est la gardienne des terres et des eaux que nous nous partageons aujourd’hui. Tiohtiá:ke / Montréal est connu historiquement comme un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières Nations. Aujourd’hui une population diversifiée y réside. La BACA reconnaît l’importance des liens avec le passé, le présent et le futur dans les relations courantes entre les Autochtones et les Allochtones au sein de la communauté montréalaise.

La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) remercie le Conseil des arts du Canada, le gouvernement du Québec (Conseil des arts et des lettres du Québec, Fonds d’investissement pour le rayonnement de la Métropole), Tourisme Montréal, le Conseil des arts de Montréal, La Maison de la culture de Verdun – Quai 5160 et ses autres partenaires diffuseurs.

17h30 Accueil des visiteurs
17h45 Cérémonie de purification et discours (peut-être à l’extérieur si beau temps)
18h00 Visite de l’exposition
18h30 Rencontre avec l’artiste Jacob Meders avec traduction simultanée.